Katy's Eats - Le féminin multi-thèmes en ligne: Nouveautés lectures : "Le vol MH370 n'a pas disparu" et "Desproges bande encore" Nouveautés lectures : "Le vol MH370 n'a pas disparu" et "Desproges bande encore"

lundi 18 avril 2016

Nouveautés lectures : "Le vol MH370 n'a pas disparu" et "Desproges bande encore"

Le Vol MH370 n'a pas disparu, de Florence de Changy – Les Arènes – 268 pages - 20 €



L'affaire MH370...

A l'heure où il ne se passe pas une semaine sans nouvelle spéculation autour de la disparition du Boeing 777 de la Malaysia Airlines - entretenue par la découverte d'un débris mystérieux, la révélation d'un rapport, la diffusion d'un témoignage, d'une expertise, etc. -, un livre enquête vient jeter un coup de projecteur sur les dysfonctionnements et autres invraisemblances survenus depuis la disparition de l'avion dans le ciel malaisien le 8 mars 2014. Cet ouvrage choc provoque une vraie tempête dans l'océan de mensonges et de manœuvres politiciennes, pour ne pas dire le mur du silence, qui se dressent devant les tentatives d'explication de ce drame inédit, historique, surréaliste. La journaliste d’investigation Florence de Changy – reporter pour le journal Le Monde et RFI - est partie en terre inconnue : ce bout du monde dont elle révèle les pratiques commerciales opaques, l'autoritarisme politique totalitaire, les obscurs intérêts géo-stratégiques, les trafics en tout genre, les voies impénétrables de la communication étatique, etc. Un inventaire qui donne le vertige.
A titre indicatif, la Malaisie se classe d'ailleurs à la 147ème place dans l'édition 2015 du Classement mondial de la liberté de la presse établi annuellement par Reporters sans frontières (à titre de comparaison, la France occupe la 38ème position...).  

Florence de Changy ne manque pas de préciser tout de suite que cette région lui est malgré tout familière pour y avoir exercé son métier pendant de très longues années. Elle est donc partie sur les traces éparses de cette affaire, à la rencontre d'officiels malaisiens, de scientifiques dévoués à la résolution de l'énigme, de professionnels de l'aéronautique, d'enquêteurs, d'experts, de familles de victimes – notamment le français Ghyslain Wattrelos -, etc. pour tenter de démêler les nombreuses incohérences (recherches maritimes orientées contre tout bon sens au départ, dans une volonté politique évidente de faire diversion dans les premiers jours...), d'éclaircir les zones d'ombre (les États-Unis seraient-ils impliqués dans cette disparition ?) et de tenter de comprendre l'impensable. L'enquête est fouillée, précise, technique quand il le faut, la deuxième partie de l'ouvrage se concentre sur les divers scénarios élaborés de-ci de-là publiquement depuis deux ans pour mieux les mettre à mal, argumentation à l'appui, tant le mystère s'épaissit à chaque tentative de l'expliquer. « On nous cache tout, on nous dit rien », disait la chanson de Dutronc, ces paroles auraient pu constituer le sous-titre du livre. On nous cache tout depuis le premier jour semble-t-il. En effet : il n'existe aucune certitude sur les événements, hormis le fait qu'à 1h19 la nuit du drame, le copilote a adressé la message rituel  « Goodnight ! Malaysian 370 »  avant le passage dans le ciel vietnamien. A 1h20, le transpondeur, principal moyen de communication entre l'avion et le contrôle aérien, est éteint. Ou, tout du moins, il s'éteint. Tout le reste n'est que spéculation, officielle ou officieuse. Et constats. Par exemple, les relations diplomatiques entre les États-Unis et la Malaisie se sont considérablement réchauffées depuis... 
Aussi, le mystère plane sur la véritable identité de certains passagers...
Quant au pilote de l'avion, il a explicitement exprimé le souhait de prendre les commandes de ce vol...


Ce livre passionnant permet de faire un point complet, détaillé, inédit sur ce drame survenu dans un triangle des Bermudes du troisième type. 

Rien que la vidéo de l'embarquement des passagers à l'aéroport de Kuala Lumpur, que la journaliste a obtenue clandestinement et dont elle retranscrit ici le visionnage, donne froid dans le dos. 


Desproges bande encore, de Francis Schull – Les Échappés – 126 pages - 13,90 €


Autant le dire tout de suite, quand j'ai découvert le personnage Pierre Desproges tardivement (j'avais deux ans quand il est mort), je n'ai pas aimé son humour noir. Et puis, petit à petit, j'ai fini par craquer, au point de le trouver vraiment génial aujourd'hui. J'ai appris depuis qu'il adorait Brassens, qu'il jouait de la guitare, qu'il chantait (alors qu'il se moquait des chanteurs dans ses sketchs), qu'il était un bon vivant, qu'il cuisinait, etc. Je vous conseille d'ailleurs le coffret DVD Je ne suis pas n'importe qui contenant le CD de ses chansons, c'est un pur régal ;-)

J'ai encore du mal avec La Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède mais ses deux spectacles sont vraiment incroyables, inusables, et son seul roman (Des femmes qui tombent) est une merveille d'humour atypique et irrésistible, souvent imité, jamais égalé.

Alors... étrange ovni que ce livre « hommage » au grand Pierre Desproges. L'idée de réunir le témoignage de ceux qui ont connu l'humoriste est certes bonne mais elle laisse ici un peu sur sa faim.

La forme, d'abord, n'est pas toujours claire : on se perd parfois en conjectures sur qui parle, qui est cité, de quand datent les témoignages, etc.

Ensuite, les souvenirs de ce cercle de connaissances - plus ou moins proches, souvent inconnues - se réduisent souvent à deux, trois courtes anecdotes par personne, pas plus. On aurait aimé lire la contribution de quelques absents notoires : Daniel Prévost, Guy Bedos (celui-ci a décliné l'invitation de l'auteur), Michel Denisot, etc.

Enfin, ce genre d'initiative laisse un goût amer sur les intentions véritables : l'auteur a-t-il voulu son infinitésimale part de gloire trente ans après la mort de Desproges, en tant qu'ancien ami du cultissime comique ? Quand il se pique de faire de l'humour dans son livre, ce n'était pas nécessaire en tout cas. Et cette façon de nous présenter un Desproges démystifié, semblable au commun des mortels au quotidien (comprendre : rancunier, radin, orgueilleux, lunatique, etc.), laisse perplexe : le défunt n'est plus là pour réagir aujourd'hui. D'où vient ce besoin d'érafler, mine de rien, la statue qu'est devenu Desproges, sous couvert d'hommage ?
Certes, rien de bien méchant ne vient altérer la perception que nous avons de l'artiste décédé en 1988, et c'est tant mieux, puisque le personnage était un être vraiment unique : courageux et extrêmement drôle. Et amoureux.

Ce livre nous permet de découvrir un Pierre Desproges intime, dans des situations qui résument bien sa personnalité. On se rend ainsi compte du rôle déterminant joué par sa femme Hélène dans le décollage de sa carrière : elle l'a clairement boosté, mis au travail. Elle a surtout mis un terme à son addiction à l'alcool (Pierre était un gentil oisif lunaire quand ils se sont rencontrés, avant son succès).
Sans Hélène, pas de Pierre Desproges, le livre de Francis Schull a le mérite de le démontrer.

Pour ce qui est des anecdotes inédites ou peu connues, on retiendra que Pierre Desproges, se croyant guéri d'un cancer suite à une opération subie pendant l'été 1987, a fêté cette « guérison » avec des amis, huit mois avant d'être emporté par la maladie. Info plus légère – parmi beaucoup d'autres - on apprend également qu'il était un maniaque obsessionnel : il cirait ses bottes tous les jours, alignait ses crayons soigneusement sur son bureau, toujours dans le même sens, etc. 

Ce livre reste une curiosité – à prix attractif - pour les maniaques de Desproges qui veulent tout savoir sur le procureur du Tribunal des flagrants délires.

Voici la présentation de l'ouvrage par son auteur :


2 commentaires:

  1. Chère Kathy,

    Veuillez me pardonner cette introduction un tantinet familière : tous ceux qui aiment Pierre Desproges me sont, à priori "chers". Même quand ils n'ont que modérément apprécié mon dernier livre, ce qui semble être votre cas.
    Je n'entends pas réfuter vos critiques, d'autant qu'elles sont vénielles et parfois même argumentées. J'aimerais simplement éclairer votre lanterne sur certains points de détail et rétablir certains faits.
    Ainsi, qualifier l'humour desprogien de "noir" me semble singulièrement réducteur.
    Par ailleurs, vous écrivez "alors qu'il se moquait des chanteurs". De quels chanteurs parlez-vous donc ? D'Indochine ? Certes. Mais il avouait aussi fréquemment son amour de la musique, classique, jazz et variétés confondus, et côté chanteurs, célébrait fréquemment les louanges de Brassens, de Paolo Conte, des frères Jacques, de Gainsbourg et de quelques autres d'une autre envergure que les malheureux braillards d'Indochine.
    Comme vous me le faites dire, Pierre Desproges était certes rancunier et lunatique. Ce qui le rend un peu plus humain que les portraits hagiographiques que l'on dresse généralement de lui. Il était orgueilleux, aussi, c'est vrai. Mais en quoi est-ce un défaut ? Enfin, vous laissez entendre que je l'aurais traité de "radin". Où donc êtes-vous allé pêcher cet adjectif ? Pas dans mon livre, en tout cas. Le qualificatif, en tout cas, ne lui convient guère...
    Vous auriez aimé lire, écrivez-vous, la contribution de quelques absents notoires : Prévost, Bedos, Denisot... Vous m'avez sans doute mal lu. Je précise - à mots couverts, il est vrai- que dans le milieu du chobiz, beaucoup ne savent parler que d'eux mêmes. C'est tellement vrai que j'ai du renoncer à publier plusieurs interviews auto-glorificatrices. Ou me passer de Bedos et de Daniel Prevost. Quant à Denisot, il n'a rencontré Desproges que très fugacement.
    Enfin, pour ce qui concerne mon humour, croyez bien que si vous en avez trouvé trace dans ce livre, il ne pouvait être qu'involontaire, tant je me suis efforcé de m'effacer derrière les témoignages. Et je ne tire certainement aucune gloire de cet ouvrage. Simplement la satisfaction d'avoir répondu au désir d'Hélène, d'avoir recueilli l'approbation de ses filles Marie et Perrine et d'envoyer un amical salut à mon vieux pote. En ayant essayé de ne pas sombrer, comme d'autres l'ont fait, dans l'"hommage" niais que vous me prêtez.
    Sans rancune.Merci pour ce billet.

    Francis Schull

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    Réponses
    1. Cher Francis,

      merci pour votre message.

      Je voudrais juste expliquer pourquoi j'ai utilisé le terme "radin" : déjà, parce que vous le mettez dans la bouche de Desproges lorsqu'il se présente à vous la première fois ("Salut. On m'appelle le radin"), même si on comprend parfaitement qu'il s'agit-là d'humour de sa part, mais surtout parce que l'anecdote que vous révélez à la page 106 ("La chaise deneuvienne") peut laisser penser qu'il était proche de ses sous, alors qu'il n'était plus dans le besoin. C'est en tout cas mon ressenti à travers la façon dont vous présentez la situation. Mais bon, il ne s'agit bien évidemment pas de polémiquer, vous l'avez compris, puisque vous avez eu l'amabilité de réfuter ici ce qualificatif pour Desproges et que je recommande vraiment votre livre aux maniaques de l'humoriste.

      Merci encore.

      Bien à vous,

      Katy

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